GRAVITATION


TRAJECTOIRES DES PHOTONS EN MÉCANIQUE CLASSIQUE – ANNEXE A

Calcul de L et dLdφ

En remplaçant dudφ par sa valeur (2.k) dans l’expression tanL=1ududφ, il vient :
tanL=±Rsb2u1+1b2u2=±Rsrb21+r2b2(2.u),
sachant que dLdφ=dtanL(φ)dφ1+tan2L(φ)=d(1ududφ)dφ1+tan2L(φ), il vient :
dLdφ=1ud2udφ21u2(dudφ)2Rsb2u+1b2u2,
soit en remplaçant d2udφ2 et (dudφ)2 par leurs valeurs respectives données par (2.l) et (2.k) :
dLdφ=1u(u+Rs2b2)1u2(Rsub2u2+1b2)Rsb2u+1b2u2=(Rsu2+1)(Rsu+1)=(Rs2r+1)(Rsr+1)(2.v),
applicable aux trajectoires des photons en mécanique classique.

Calcul de Eméca

(2.b) donne (dudφ)2=G2M2K4e2sin2(φφ0),
soit avec e2sin2(φφ0)=e2e2cos2(φφ0)
qui vaut d’après (2.b) e2(K2GMu1)2 :
(dudφ)2=G2M2K4(e2(K2GMu1)2)=G2M2K4(e21)u2+2GMK2u.(2.w)
Par ailleurs, v2(r,φ)=(drdt)2+(rdφdt)2 donne avec r=1u :
v2(r,φ)=1u2(dφdt)2(1u2(dudφ)2+1) et sachant que (r2dφdt)2 vaut K2, il vient :
v2(r,φ)=K2((dudφ)2+1u2),
ce qui donne en remplaçant (dudφ)2 par sa valeur (2.w) :
v2(r,φ)=K2(G2M2K4(e21)+2GMuK2)=G2M2K2(e21)+2GMu(2.x).
Sachant que Eméca=12mv2(r,φ)GmMu, (2.x) permet alors d’établir :
Eméca=G2mM22K2(e21)+GmMuGmMu=(GmM)22mK2(e21)(2.y).

Photon émis depuis une source lumineuse non située à l’infini

La conservation de l’énergie mécanique permet de déterminer la vitesse théorique du photon p à l’infini en considérant qu’à l’émission sa distance rem est Rs et sa vitesse est c :
12v2=12c2GMrem soit v=c1Rsrem ce qui donne avec (2.c) et (2.d) respectivement :
u(φ)=Rs2b2(1Rsrem)(1+ecos(φφ0)) avec au périastre rpér=2b2(1Rsrem)Rs(1+e) et
e=1+4b2Rs2(1Rsrem)2.
L’axe de symétrie φ0 s’obtient avec la condition initiale u(φem)=Rs2b2(1Rsrem)(1+ecos(φemφ0))=1rem soit :
φ0=φem+arccos(2b2(1Rsrem)remRs11+4b2Rs2(1Rsrem)2).
Le cas très particulier d’une trajectoire circulaire de rayon Rc autour de l’objet massif et parcourue à la vitesse de la lumière dans le vide s’obtient en prenant K=cRc (émission du photon tangentiellement au cercle de rayon Rc) et e=0 dans (2.b) et en écrivant u=const=1Rc soit :
1Rc=GMc2Rc2 ou : Rc=GMc2=Rs2.
En mécanique classique, il s’agit du seul cas où les trajectoires des photons se font avec une vitesse invariante et égale à c.

Particule avec vitesse nulle à l’infini et K non nul

Pour v=0, le paramètre d’impact b=Kv n’est pas défini.
L’énergie mécanique Eméca est nulle ce qui entraîne d’après (2.y) une excentricité e=1 soit une trajectoire parabolique.
(2.b) donne : u(φ)=c2Rs2K2(1+cos(φφ0)) avec au périastre rpér=2K2c2Rs.
L’axe de symétrie avec la condition initiale u(0)=0 s’obtient avec cosφ0=1 soit φ0=π, ce qui donne u(φ)=c2Rs2K2(1cosφ) et une déviation totale 2φ0π=π.
Si l’objet massif est une sphère de rayon R, la condition pour que la particule n’impacte pas l’objet massif est R>rpér soit K>Klim=cRRs.

Équation cartésienne

r=2K2c2Rs+rcosφ soit x2+y2=2K2c2Rs+x.
Au carré, cette égalité devient : x2+y2=4K4c4Rs2+4K2c2Rsx+x2, soit :
x=c2Rs4K2y2K2c2Rs=y24rpérrpér.

Particule émise depuis Rs (rem=Rs) à la vitesse c

Eméca vaut 12mc2GmMRs qui est nul puisque par définition Rs=2GMc2 ce qui entraîne d’après (2.w) une excentricité e=1 et une trajectoire parabolique.
La vitesse du photon p à l’infini v sera nulle puisque Eméca=0.
Si αem est l’angle d’émission par rapport à l’axe Ox, les coordonnées du vecteur vitesse c initial de p dans le repère Oxy sont cx=c cosαem et cy=c sinαem et
K=||OPv||=xemcyyemcx vaut
cRs(sinαemcosφemcosαemsinφem) soit cRssin(αemφem).
Avec l’angle d’émission Lem=π2(αemφem) (angle avec le plan tangent à la sphère de rayon Rs au point d’émission), et Lemπ2, (2.b) donne alors
u(φ)=1+cos(φφ0)2Rscos2Lem avec rpér=Rscos2Lem.
L’axe de symétrie φ0 s’obtient avec la condition initiale u(φem)=1+cos(φemφ0)2Rscos2Lem=1Rs soit
φ0=φem+arccos(2cos2Lem1),
et K vaut cRscosLem.
Pour Lem=0 (émission dans le plan tangent à la sphère de rayon Rs), la trajectoire du photon est une demi-parabole avec K=cRs=2GMc, tangente à la sphère puisque rpér=Rs, et qui peut être parcourue dans les deux sens (particule émise à la vitesse c depuis Rs ou entrante depuis l’infini à vitesse nulle).
La déviation totale est π pour la parabole complète.
Note : le cas Lem=π2 correspond à une trajectoire radiale (φ=cte=φem).

Impact d’un photon entrant depuis l’infini à la vitesse c

En mécanique classique, lorsque le paramètre d’impact b des trajectoires des photons est inférieur à blim, le photon p impacte l’objet massif de rayon R, et (2.j) avec u=1R donne :
RRs2b2(1+ecos(φimpactφ0))=1(2.z),
ce qui conduit, après développement en remplaçant e et φ0 par leur valeur respective donnée par (2.g) et (2.h), à :
φimpact1=arccos(11+4b2Rs2(12b2RRs4b2RRs2R2+RRsb2)),
et φimpact2=arccos(11+4b2Rs2(12b2RRs+4b2RRs2R2+RRsb2))(2.aa),
avec φimpact=min(φimpact1,φimpact2), l’autre angle correspondant à la « sortie » de l’objet massif si p pouvait le traverser.
Par ailleurs, les expressions de φimpact1 et φimpact2 en arcsin peuvent s’écrire :
φimpact1=arcsin(2bRs11+4b2Rs2(2b2RRs1+4b2RRs2R2+RRsb2)),
et φimpact2=arcsin(2bRs11+4b2Rs2(2b2RRs14b2RRs2R2+RRsb2))(2.ab).
L défini précédemment représente pour φ=φimpact l’angle d’impact de p (angle avec le plan tangent au point d’impact à l’objet massif).
Pour r=R, (2.u) donne tanLφimpact=±R2+RRsb2b=±blim2b21(2.ac).
Dans le cas où b=0, φimpact=0 et L0=π2.
Dans le cas où b=blim, φimpact admet une racine double obtenue en remplaçant blim par sa valeur (2.n) :
φimpact=arccos(RsRs+2R)(2.ad), qui n’est autre que φ0,
et Lφimpact=0, ce qui signifie que p tangente la surface de l’objet massif au point d’impact.

Contraction des directions angulaires

Un observateur placé à la surface de l’objet massif au point d’impact relève une direction φapparent=π2Lφimpact pour une direction réelle d’émission φimpact (en considérant que R distance d’émission du photon).
Lorsque le rayon R de l’objet massif vaut Rs, des valeurs numériques exactes peuvent être obtenues pour certaines conditions.

b proche de 0

(2.aa) entraîne : φimpact12bRs(blimR1)
et (2.ac) entraîne : cotLφimpact1blimb, soit φapparent=π2Lφimpact1bblim.
D’où φapparentφimpact1Rs2blim(1blimR1),
et pour R=Rs sachant que blim=2Rs :
limb0φimpact1φapparent=22(21)1,172
qui est le facteur de contraction des directions angulaires au voisinage de 0, indépendant de la masse du trou noir.

φimpact=90

Pour R=Rs, (2.j) donne :
dudφ=Rs2b2ecosφ0=Rs2b2 soit 1ududφ=Rs22b2 puisque u=1Rs à l’impact.
Par ailleurs, (2.u) donne : tanLφimpact=2Rs2b21 qui vaut aussi d’après le paragraphe 2.2 de l’étude 1ududφ soit Rs22b2 comme vu ci-dessus, d’où l’équation Rs44b42Rs2b2+1=0.
Cette équation en Rs2b2 admet deux racines : 4±23 d’où les deux valeurs possibles de L90=arctan(23)=15 ou 75, la 1ère valeur correspondant comme vu précédemment à l’impact et la 2ème à la « sortie » si p pouvait traverser le trou noir.
D’où : φimpactφapparent=909015=1,2,
qui est le facteur de contraction des directions angulaires pour φimpact=90, indépendant de la masse du trou noir.

b=blim

φimpact1=φ0 et Lφimpact1=0 comme vu précédemment, d’où :
φimpact1φapparent=2φ0π,
et pour R=Rs, (2.h) donne :
φ0=arccos(13)
d’où φimpact1φapparent=2arccos(13)π1,216
qui est le facteur de contraction des directions angulaires au voisinage de φ0, indépendant de la masse du trou noir.

Contraction des diamètres apparents des étoiles

La contraction des diamètres apparents des étoiles correspond au ratio ΔL réelΔL apparent pour une hauteur L donnée.
Pour b=blim et r=Rs, ce ratio peut se calculer avec (2.v) :
dLdφ=(Rs2Rs+1)(RsRs+1)=34 d’où ΔL réelΔL apparent=dφdL=43.
En synthèse, le calcul analytique appliqué aux trajectoires des photons selon la mécanique classique donne les résultats suivants à l’horizon des évènements :

L réelleL apparenteFacteur de contractionΔL réelΔL apparent
909022(21)1,17222(21)1,172
4551,81,1781,189
015arctan(23)=1,21,261
90arccos(13)19,502arccos(13)π1,21643